Russie suite

La première chose qui me vient au moment d’écrire cet article sur nos trois premiers jours ici c’est de parler de la route. Tout d’abord parce que l’on a vu que ça et ensuite parce que c’est assez loin de nos standards européens.

Nous sommes arrivés à mi parcours. Le paysage n’a pas changé. Toujours des arbres de chaque côté de la route de cette immense ligne grise qui fend la forêt en deux.

Toujours tout droit… Quelques côtes, quelques virages qui ont du être faits simplement pour que les ingénieurs de la voirie essaient autre chose que la ligne droite.

Il nous est arrivé de tomber sur un croisement et de faire confiance au GPS qui nous promettait près de 4h de moins de trajet. À l’encontre du trafic nous prenons donc un magnifique tronçon de deux fois deux voies tout neuf et roulons à l’allure folle de 100 km/h.

Au bout de quelques kilomètres, nous comprenons pourquoi nous étions quasiment seuls. En sommet de côte, sans panneau annonciateur, la route s’arrête nette. Comme si elle avait décidé qu’elle était allée assez loin comme ça.

S’arrêtant, elle laisse place à une piste de cailloux , de sable et de boue abritant un nombre incalculable de trous, de flaques et autres nids de poule.

Le temps que le véhicule passe de 100km/h à zéro sans perdre d’adhérence, il s’écoule une distance suffisamment longue pour nous faire croiser la route de nombreux trous tous plus profonds les uns que les autres, nous donnant l’opportunité de tester avant l’arrivée en Mongolie, la solidité de la caravane et l’efficacité de ses amortisseurs.

Nos yeux posés sur les rétroviseur ne peuvent qu’être spectateurs incrédules et passif du balet que dessine la caravane virevoltant à droite, à gauche, d’une roue à l’autre, cherchant à se contortionner pour sortir de ses entraves.

Heureusement, l’attache remorque tient le choc et une fois arrêtés je descend voir l’étendue des dégâts.

Ormis quelques portes de placard ouvertes, une poubelle mal fermée éparpillée sur le sol, la caravane est intacte. Les amortisseurs neufs (alko bleus) ont tenu le choc et nous ont à coup sûr sauvé la mise.

S’en suivront ainsi pendant deux ou trois cent kilomètres des enchaînements de portions très roulantes et très cassantes, toujours sans le moindre panneau mais nous ne nous referons plus prendre par surprise.

Voyant notre attelage avancer dans des portions boueuses, glissant de droite à gauche, cherchant parfois l’adhérence, je repense au mécano de Suède qui avait profité d’avoir le 4×4 sous la main pour les roulements de pont pour reconnecter le différentiel qui de s’allumait plus.

Lorsque je lui disais que je pensais avoir besoin d’un différentiel en état de fonctionnement pour la Mongolie, il avait souri en me disant que j’en aurait peut être même besoin dès la Russie…

Quoi qu’il en soit, nous avançons. Cette portion de route avait tout de même l’avantage de nous épargner les dépassements sauvages et les files de camions, que nous retrouvons quelques kilomètres plus loin.

La suite est un petit peu banale, des pleins de carburant (à 60 centimes le litre) de la route, des pleins… Deux pleins utilisés dans la journée d’hier pour frôler les 1000km parcourus.

1000km par jour , c’était l’objectif ingénu et naïf que nous pouvions espérer avant d’avoir mis les roues en Russie. Il faut compter une moyenne de 75 à 80 km/h avec 12h de route par jour, dont 2h de pause.

Sans oublier que nous roulons plein Est et que les fuseaux horaires jouent contre nous. Nous perdons 2h de route en une seule journée. A un seul chauffeur, pas possible de faire plus sans risquer de finir aplati entre deux camions. Préférant perdre un jour de Mongolie que de risquer un accident, nous roulons sans objectif et écoutons notre fatigue pour nous aménager des pauses et des repos lorsque nous en ressentons le besoin.

Nos contacts avec les Russes sont, de fait, assez rares. Ils se limitent à quelques stations essence et quelques contrôles de police.

La première chose qui nous frappe c’est la barrière de la langue. Nous n’avons rencontré personne parlant anglais. Ni jeune, ni vieux, ni policier ou même pharmacien. À la question « do you speak English? » Une seule réponse est donnée : Niet.

Cela nous a tout de même épargné un contrôle de police.

Un jour, un jeune policier sortant de sa voiture garée en bord de route tel un diable de sa boîte nous intime l’ordre de nous arrêter avec un gros bâton noir et blanc.

Nous nous exécutons, rejoignons la bande d’arrêt d’urgence et attendons un peu stressés son arrivée.

Au moment où il arrive à notre niveau, il prononce un phrase interminable en Russe où l’on sent à l’intonation qu’il y a de l’impératif et de la discipline. À la fin de sa réplique, je le regarde penaud et lui lance un « euh, do you speak English? ». Visiblement surpris et ne voulant pas s’embêter à chercher à se faire comprendre, il lèvera les yeux au ciel et nous dira de nous en aller.

J’ai retenté cette astuce sur le contrôle suivant mais cela n’a pas marché.

Les commerçants avec qui nous échangeons sont souvent amusés de nos difficultés de communication et on s’amuse à essayer de se faire comprendre grâce à l’outil de traduction Google qui fait parfois des miracles et parfois…. Non…

A la dernière station essence, ne sachant pas comment faire le plein (ici il faut mettre le pistolet dans l’orifice de remplissage, le bloquer appuyé, aller à la station, demander le volume que l’on veut qu’ils nous délivrent, payer et retourner près de son véhicule) j’utilise donc le traducteur avec la personne à la caisse. Le traducteur me dira de mettre le pistolet puis d’aller nager. Ça n’a pas marché…

Les pauses aux stations essence sont les seuls moments de liberté en dehors de la voiture pour se dégourdir les jambes. Les grands espaces Mongols se font désirer…

Les paysages… À part des forêts…

Quelques fois nous traversons une ville, environ 4 en 3000km et découvrons des habitations très hétéroclites. Certaines en bois, avec un toit très délabré visiblement abandonnées, d’autres à peine en meilleur état mais des bougies éclairant l’intérieur. Puis d’autres un peu plus cossues en bois peint ou encore des bâtiments en briques ou parpaings plus récents.

Il semble que ici l’échelle sociale comporte encore plus de barreaux que chez nous…

Le soir nous dormons dans des parkings pour routiers. Ils sont surveillés et certains ont des douches et des restaurants de bonne qualités où l’on peut manger des plats typiques. Ce soir nous nous en sortons pour environs 13 euros pour 5.

Demain nous essaierons de dormir dans un hôtel pour avoir un peu de confort et surtout pour obtenir un certificat de transit obligatoire pour ressortir du pays.

7 commentaires sur “Russie suite

  1. Bonjour c’est Nicole, je viens de recevoir votre carte, qui m’a énormément touché ainsi que la photo. Votre aventure semble magnifique. Je pense très souvent à vous 5.
    Je vous suis régulièrement grâce à votre site internet. ( avec l’aide de mon infirmier antoine qui connaît très bien jenna! ) . Je vous embrasse chaleureusement bonne route et encore merci pour votre carte….

  2. Un peu de retard…mais je vous suis ….ça donne envie de jour en jours ..malgré quelques paysages plutôt bucoliques…c sympa de vous suivre 🤪🥰👍🏻Et de lire vos superbes commentaires 😜je ne peu que vous encouragez 👍🏻

  3. Et ben dis donc ça donne pas envie la Russie !?
    Magnifique photo d une Emilie dans « Matrix »!
    Camille et Pierre ont hâte d être en vacances vendredi et ils partent en camping avec les parents de Seb…ils vont vivre en caravane pendant 10 jours comme vous!!
    Gros bisous les loulous en espérant que la suite en Russie soit plus agréable !

  4. coucou mes loulous mamie voie que tout va bien bon diner et hôtel cool pour vous !!!! car vous faite beaucoup de voiture vous devez avoir besoin de vous défouler un peu et surtout vous reposer j’espère que vous êtes heureux et que vous profitez des beaux paysages car vous faite un très grand voyage vous nous manquez beaucoup je vais voir votre maman souvent et je lui raconte ou vous êtes surtout ne l’oublié pas elle me manque tellement je vous aime très fort et surtout je vous fait des énorme bisousssssss.
    mamounette

  5. superbe!!! on suit votre périple régulièrement avec envie. on the road again (un peu d’anglais pour les enfants)
    Je n’ai pas vu les sandwichs au kréma?
    Bisous à tous

  6. Salut la ptite famille !
    J’espère que vous allez bien tous les 5 !
    Vous allez vous remplir la tête de souvenirs tous ensemble !
    Une vraie famille de baroudeurs !
    Les enfants prenez soins de vos parents aussi ! Surveillez bien qu’ils se trompent pas de route !
    Bizoux a vous 😉

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