Sortie de Mongolie

8h, réveil en sursaut. On entend du bruit au niveau de l’attache de la caravane, comme si quelqu’un était en train de triturer la poignée.

Je me lève d’un bond, le temps d’enfiler un short et je bondis à l’extérieur pour me retrouver face à face avec l’auteur du méfait.

Elle se tenait là, devant moi, totalement insensible à mon apparition brutale. Une vache marron, sans doute une Salers échappée du Cantal, qui trouvait que la petite touffe d’herbe située sous la caravane était certainement meilleure que celle d’à côté.

Après lui avoir expliqué que les enfants dormaient encore et que ses nuisances sonores dès le réveil étaient très impolies, elle s’excusa et reprit sa route.

Il nous reste environ 300km jusqu’à la frontière, nous sommes réveillés de bonne heure, nous serons bientôt en Russie laissant derrière nous la Mongolie qui nous aura livré quelques uns de ses secrets.

Le dernier secret qu’elle nous livre concerne encore une fois l’état de ses routes. Sur les 300km restants, 200 se feront à une moyenne de 30km/h pour préserver la caravane. Le temps est long, la route nous secoue et chaque secousse offre une chance à la caravane de voir sa porte s’envoler et un de ses montants s’ouvrir.

Au cours de cette lente remontée, nous croisons un petit village avec quelques garages. Le premier ne peut pas souder, il dit que le seul soudeur se trouve au milieu du village. Nous y allons.

Lui expliquant notre situation, il porte peu d’intérêt à notre demande, explique qu’il ne peut pas souder à cause des quelques gouttes de pluie et vissera simplement deux longues vis autoforantes à travers le mur. Sans surprise, cela tiendra quelques centaines de mètres.

Nous nous arrêtons pour manger un peu plus loin et je tente de consolider avec une sangle entourant le montant fracturé et vissée sur le plancher. Je retrouve aussi une équerre que je rajoute à côté. Ce n’est pas si mal et tiendra le temps de trouver un soudeur.

Nous roulons ainsi jusqu’à la ville de Darkhan où nous trouvons une nouvelle équipe de soudeurs pour tenter de consolider une nouvelle fois.

Ceux ci semblent plus compétents. Nous leur expliquons notre voyage, qu’ils s’attaquent à la quatrième réparation de la porte. Le chef du garage, qui a une soixantaine d’années, prend plaisir à nous montrer des photos de son voyage en France où il pose a côté de la tour eiffel.

Son équipe ausculte la caravane et découvre d’autres fissures de l’autre côté de la porte. Ils boulonnent les montants avant de les souder en ajoutant des plaques de métal… Bref ils font du super boulot.

Un des ouvriers repére du coin de l’œil, la guitare à l’arrière du 4×4 et me demande de jouer des morceaux Français pendant qu’ils bricolent. Ce sera peut être la première fois que Yves Jamait résonne en Mongolie…

Le mécanos nous rassurent ensuite sur l’état de la route, « jusqu’à la frontière elle est bonne » nous disent ils.

Évidemment, après un échange aussi sympathique, ils refusent d’être payés. Nous finirons par leur cacher quelques billets entre deux outils en nous amusant avec eux de la situation et en les remerciant mille fois pour leur travail et leur gentillesse.

La suite de la route est effectivement de bonne qualité et nous arrivons à la frontière rapidement.

Sortie de Mongolie en quelques minutes, deux contrôles de passeport, un coup de tampon et c’est fini.

L’entrée en Russie est un peu plus longue mais guère plus compliquée. Les douaniers sont souriants et nous guident dans les démarches. La fouille du véhicule est rapide et ils sourient en nous demandant si nous avons de la drogue ou des armes à feu.

Il est plus de 22h lorsque nous sortons de la douane Russe. Cette journée aura été longue et épuisante. Nous roulons quelques kilomètres et trouvons un bivouac de nuit le long d’un chemin forestier. Tout le monde est content d’éteindre le moteur et de regagner son lit.

Cette fois ci la Mongolie est bel et bien derrière nous. La dégradation rapide de la caravane sur les pistes Mongoles nous a empêché de rester le temps prévu initialement. C’est peut être une bonne chose. Nous savons maintenant à quoi nous attendre et nous y reviendrons mieux préparés.

Nous garderons en mémoire l’accueil que nous y avons reçu, l’hospitalité de ses habitants qui est diametralement opposée à l’hospitalité de ses routes, et par dessus tout l’immensité et la diversité de ses paysages majestueux.

2 commentaires sur “Sortie de Mongolie

    1. Salut à vous, j’étais très content de vous rencontrés en la route. Vous étais vraiment gentils avec moi et il étais beaux voire une belle famille voyager. J’espère de vous rencontrer encore.
      Merci et bon voyage.
      Giulio Montanari (Italie)

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