Soleil de minuit

Nous nous réveillons de bonne heure.

Le parking sur lequel nous nous trouvons est immense et les campings car se garent en colonnes, chacun essayant d’être au plus proche du bord nord pour voir le soleil de minuit sans sortir de son véhicule.

Nous avons réussi à nous faufiler en deuxième colonne hier soir ce qui n’est déjà pas mal. Cependant, étant réveillés par les vrombissement des moteurs, des vas et viens des véhicules qui partent et de ceux qui arrivent, je guette l’opportunité d’améliorer un peu notre emplacement.

Au bout de quelques instants je repére une place de libre au bord du parking, les enfants sont réveillés mais pas encore debout, je leur dit de s’accrocher et je déplace le véhicule de quelques mètres.

En avançant, je vois un autre véhicule s’en aller au loin. Il semble venir du coin nord je tente ma chance et file prendre sa place.

Je profite des capacités de franchissement du 4×4 pour arriver à cette place avant un camping car italien qui tentait la même manœuvre que nous.

Quelques minutes plus tard nous avons la meilleure place du parking. La caravane est garée en marche arrière sur la place la plus septentrionale du parking le plus septentrional. Si le ciel se dégage, nous serons au premier rang pour voir toute la course du soleil de nos fenêtres, confortablement assis au chaud.

Le programme de la journée est assez simple : attendre le soir.

Le temps avance assez vite entre balade sur le site, visite du musée du cap, film, devoirs, jeux et… Gaufres…

Nous croisons tout de même trois orques.

Elle est incontournable. Dès que l’on arrive dans le bâtiment symbolisant le point nord de l’Europe, nous sommes instantanément enveloppés d’une odeur de gaufres chaudes à la cannelle qui s’empare de nous et nous appelle.

Et lorsque la gaufre vous appelle, vous pouvez tenter d’y résister, mais ça ne marchera pas longtemps. Et au fond de nous, on sait que l’on finira par craquer. Allors on commence par aller voir à quoi elle ressemble, puis les accompagnements proposés. Puis l’on repart se disant que l’on résistera à l’appel.

Une fois répartis on se souvient de tout ce que l’on a pu voir, que l’accompagnement chocolat, crème, chantilly, confiture… Est a volonté…

Et puis il y a ces chocolats chauds servis dans une tasse énorme et débordant de chantilly et de paillettes de chocolat…

Et dehors il fait si froid.

Nous craquerons pour le goûter.

Nous sommes impressionnés par le nombre de cyclistes attirés par le cap nord. Le hall du bâtiment est empli d’une vingtaine de vélos équipés et préparés pour de longs voyages.

Nous croisons deux bretons qui viennent d’arriver. Ils sont partis le 1er mai et ont fait 5000 km en 50 jours, sur des vélos de plus de 45 kg, incroyable !

Le ciel se dégage un peu, mais il ne se dégage pas tout seul.

Si les nuages s’en vont c’est que le vent les pousse. Mais ce vent, c’est un vrai vent du nord. Et les nuages qu’il arrive à chasser emportent avec eux les quelques degrés qui tentaient de s’accrocher au rocher.

La soirée avance et le ciel se dégage toujours plus grace au vent qui souffle toujours plus et le froid s’insinue petit à petit.

Nous attendons minuit.

Les gens qui passent autour de notre caravane nous regardent, envieux. Ils sont couverts d’un nombre incalculable de manteaux, d’echarpes et de bonnets. On ne distingue d’eux qu’un petit bout de nez et de la fumée qui s’échappe de chaque respiration. Un fumée aussi blanche que celle d’une vielle locomotive à vapeur.

Certains nous saluent et nous sourient. Ils se tiennent là, debout, tentant de combattre le froid comme ils peuvent pour contempler le soleil qui descend doucement sur l’horizon dans un ciel désormais totalement dégagé.

Nous, nous sommes installés sur les banquettes de la caravane, un bol de soupe chaude à la main et regardons le spectacle, bien installés.

La caméra fixée à l’extérieur sur un trépied, luttant contre le vent pour tenter de garder le cadre, m’oblige à sortir régulièrement et me force à goûter à ce vent du nord.

A la seconde où l’on se retrouve dehors, le vent nous saisit. Il est de ces vents qui savent pénétrer les vêtements les plus chaud, nous faisant ressentir chaque imperfection, chaque jointure mal fermée, s’engouffrant par le plus petit interstice et se frayant un passage jusqu’à notre peau.

Sans gants, je n’arrive à rester qu’au maximum deux minutes dehors pour régler l’appareil et tenter de stabiliser le pied battu par le vent, puis, suis obligé de rentrer si je veux encore être capable de bouger les doigts.

Nous finissons par nous coucher vers 2h du matin après avoir pu être témoin d’un des plus fabuleux spectacles que la nature puisse nous offrir.

La nuit est froide, le vent souffle de plus en plus fort faisant baloter la caravane. Tout le monde est bien emmitouflé dans deux duvets mis l’un dans l’autre et personne ne se plaindra du froid.

Nous nous lèverons vers 11h et prendrons la route vers le sud rapidement pour fuir le vent qui frappe toujours.

Nous ne sommes qu’à 2h de la frontière avec la Finlande.

Arrivés en Finlande, le paysage change assez brusquement. Tout d’abord, comme lorsqu’on arrive dans le nord pas de Calais, il se met à pleuvoir quelques mètres après la frontière.

Nous quittons les paysages de montagnes et les petites routes à lacets pour un immense marais et des forêts de pins à perte de vue.

La route est toute droite comme taillée au bulldozer à travers la forêt et au moindre arrêt les moustiques sortent du sol.

La pluie, l’humidité dans l’air, les sols marécageux nous donnent l’impression de rouler sur une immense éponge gorgée d’eau.

Nous n’avons rien prévu de particulier à faire en Finlande mais devons la traverser pour rejoindre nos visas qui devraient arriver à Lappeenranta dans quelques jours.

En attendant, nous recherchons ce que nous pouvons visiter en Finlande et nous nous rendons compte que nous passons tout à côté du vrai village du père Noël ! N’oublions pas que nous sommes toujours en Laponie et que tout le monde sait que c’est ici qu’il habite.

Malheureusement la saison d’hiver du village est finie et la saison d’été ouvre dans une semaine… Il reste tout de même quelques petites parties ouvertes et à visiter. Nous faisons route vers ce point et finissons par nous coucher à côté de la maison du père Noël.

Ce sera aussi notre point de sortie du cercle polaire et nous quitterons ainsi dès demain le soleil de minuit ce qui nous permettra, je l’espère, de retrouver un rythme de sommeil plus evident.

6 commentaires sur “Soleil de minuit

  1. Bravo Charlie belle vidéo trop fort mon lou mamie t’aime très fort fait des gros gros bisous à ton frère et ta sœur .
    😍😍😍😍😍😍😍😍

  2. Et l’aventure continue…..
    Bravo pour la retranscription de vos aventures merci à Charly de nous éclairer sur le soleil de minuit ( celle là elle était facile ) ; et merci a ta plume Christos qui nous fait participer de maniére virtuelle mais au combien riche à votre fabuleux voyage .
    Merci à tous les cinq .
    Et faute de me répéter attention au patisseries. 🙂
    Bises à tous.

    1. Merci pour ton commentaire Medhi c’est sympa !
      Ne t’inquiète pas pour les gaufres et les glaces. Vu les randos qu’on fait je te ramène 3 athlètes super endurants et forts sur leurs apuis à la rentrée prochaine 😉
      Passe le bonjour à la lutte de notre part.
      Biz

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