Mongolie dernier(s) jour(s)

Voilà, nous laissons le désert derrière nous et remontons plein nord en direction de Oulan Bator.

La route défilant, l’esprit est déjà plus ou moins parti, se projetant sur la frontière à passer puis sur le lac Baikal… Mais la Mongolie semble avoir encore quelques cartes à jouer pour s’ancrer encore un peu plus profondément dans nos mémoires.

La route jusqu’à Oulan Bator, nous la connaissions pour l’avoir empruntée en allant vers le sud. Elle était tout à fait correcte pour une route Mongole. Mais entre la capitale et la ville de Darkhan c’est une autre histoire.

Je pense que nous arpentons le pire revêtement que nous ayons rencontré. Nous ne pouvons éviter les trous que pour aller sur des bosses ou esquiver des pierres pour se prendre des crevasses. Le 4×4 est balloté dans tous les sens et la caravane… en fait de même.

Après une petite heure de cette torture à entendre l’acier claquer et siffler, nous décidons de nous arrêter assez tôt pour jeter un coup d’œil à la caravane.

Nous trouvons un restaurant dans une petite ville où nous voulons écouler nos derniers billets. Et profitions de l’arrêt pour inspecter la caravane.

Tout s’est ouvert. La porte du placard de nourriture s’est arrachée de ses gonds libérant confiture, Nutella, et autres cereales, pâtes, riz sur le sol. Le meuble des affaires des enfants est désolidarisé du mur et ouvert, le placard de casseroles ne fait pas mieux… Bref, la caravane ne supporte plus ce traitement.

Le pire étant le meuble des enfants qui, n’étant plus fixé au mur (les équerres en acier se sont cisaillées ) vient faire bélier à chaque bosse contre la paroi de la caravane. Celle ci ayant déjà été fragilisée, s’écarte désormais d’une dizaine de centimètres du plancher.

Si une chose est certaine, c’est que nous n’atteindrons pas la frontière sans prendre de vraies mesures concernant la caravane.

Nous décidons donc d’abandonner le meuble pour limiter l’usure du mur. Ce n’est pas évident car son côté droit supporte la banquette et le panneau électrique. Un gros moment de démontage s’impose.

Mais pour l’instant nous savourons notre dernier repas Mongol et ne sortons de table que lorsque nous ne sommes plus capables d’ avaler quoi que ce soit.

Quelques kilomètres plus loin, juste sortis de la ville, nous sortons de la route pour bivouaquer et se lancer dans le démontage du meuble.

Au bout de quelques minutes, des morceaux de meuble commencent à sortir de la caravane. D’abord une porte, puis une étagère, puis le plan de travail en inox…

Perdus dans nos occupations, nous n’avions pas prêté attention à la yourte située à une centaine de mètres de notre campement et, alors que je finissais de donner les derniers coups de marteau dans le meuble pour le faire sortir, les enfants qui jouaient à la pétanque viennent me chercher pour me dire qu’un monsieur arrive.

Effectivement, je vois arriver sur une petite moto Chinoise, un homme qui m’explique venir de la yourte toute proche. Il nous demande ce que l’on fait, puis rapidement, nous invite chez lui.

La première pensée à ce moment est la joie de pouvoir enfin voir une yourte et partager un moment de la vie de ses occupants. La seconde pensée, qui arrive très vite après la première, concerne le rituel du lait de jument fermenté que l’on offre à ses invités. Nous n’y avons jamais eu le droit, mais tous les récits des voyageurs y font référence et le décrivent comme un goût de reflux ou de vomi et il y a une heure nous étions encore au restaurant…

Nous ne raterons tout de même pas cette occasion à cause d’à prioris. Nous rangeons un peu la caravane et partons le rejoindre. La nuit commence à tomber mais la pleine lune éclaire nos pas. Sur le chemin, tout le monde trouve une façon de me dire que si ce n’est pas bon, il me donnera son bol discrètement… Je sens que je vais passer une bonne soirée…

Nous pénétrons dans la yourte et découvrons l’homme qui nous a invité, accompagné de sa femme et de ses trois enfants :un garçons de 15 ans, un de 10 et une fille de 4ans.

Le contact se fait très vite malgré la barrière de la langue. Nous essayons en vain un ou deux traducteurs téléchargés auparavant sur nos téléphones mais rien ne marche mieux que nos gestes et nos échanges de regards.

Très rapidement, la maîtresse de maison sort de petits gâteaux et un seau de lait de son réfrigérateur. Nous nous regardons tous. Les enfants ont été prévenus qu’ils doivent faire semblant de boire et tout le monde s’attend au pire (surtout moi qui m’attend à boire 5 bols de lait au goût douteux).

Elle nous sert 5 bols. Le lait est d’une consistance épaisse comme un yaourt. À côté, un petit pot de sucre en poudre. Ça ne ressemble pas à la coutume qui nous avait été décrite.

Je prends une cuillère, met un peu de sucre et goûte. Derrière moi, tout le monde retient son souffle et attend de voir ma réaction.

Contre toute attende c’est absolument délicieux. Ce n’est pas du lait de jument fermenté mais un fromage blanc à base de lait de chèvre qui est conservé au congélateur. C’est frais, sucré, rafraîchissant, une bonne surprise. Tout le monde mangera avec plaisir et en reprendra.

Nous leur expliquons d’où nous venons, leur montrons des images de notre voyage, prenons beaucoup de photos, leur offrons des jouets pour les enfants et des photos d’eux faites au Polaroïd.

La soirée est très agréable et nous finissons par retourner nous coucher dans la caravane après environ deux heures en leur compagnie.

Le lendemain, nous nous réveillons doucement. Nous sommes à 600km de la frontière et serons peut être en Russie ce soir.

Je termine la consolidation de la caravane quand nous voyons arriver la femme qui nous a accueilli hier soir, accompagnée de sa fille. Elle vient nous inviter à manger et en profite pour visiter la caravane.

Elle est très apprêtée, sa fille aussi, je soupçonne une envie d’avoir d’autres photos et emmène le Polaroïd.

La petite famille nous reçoit comme la veille, nous discutons avec monsieur et jouons avec les enfants tandis que madame prépare la soupe dans la cuisinière au centre de la yourte.

La soupe est délicieuse. Légumes, viande de mouton séchée et riz. En dessert, fromage blanc sucré comme hier.

De nouvelles photos sont faites. Elle voulait une photo d’elle avec sa fille et une d’elle avec son mari à qui elle avait préparé sa plus belle chemise et son plus beau chapeau.

Nous finissions par repartir en début d’après midi en étant encore un peu plus sous le charme de ce pays.

Nous sommes partis tard et la route ne s’améliore pas. Nous faisons 300km et dormons en retrait de la route.

Demain il ne nous restera que 300 km nous serons en Russie pour le repas du midi.

4 commentaires sur “Mongolie dernier(s) jour(s)

  1. Quel décalage entre nos modes de vie ! On discerne des batteries sur les photos, nous on peine à fabriquer un epr… jusque la tout va bien…

  2. Hello la petite famille … super cette rencontre avec ces gens .. c est une belle récompense !!! ( te rappelles tu l ‘ Iran en Turquie ?? … on voulait racheter la caravane on doit admettre que c est foutu ..bisous bonne route .. on vient de faire un long trajet … jusque l île de GROIX .facile !!!!

  3. Superbe rencontre avec cette famille Mongole .
    Le fromage blanc était aussi bon que chez Mamiemounette et Papymoustache?
    Plein de gros bisous

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