Ukraine

Il nous reste environ 5h de route pour atteindre la frontière. Nous avons donc deux possibilités. Soit partir tôt pour passer le frontière en début d’après midi, soit prendre notre temps et dormir juste avant la frontière une nuit de plus en Russie.

Ce que nous ne voulons pas, c’est nous retrouver du côté Ukrainien une fois la nuit tombée sans savoir où dormir et devoir rouler de nuit.

Nous ne savons pas trop à quoi nous attendre en Ukraine. Sur les forums je lis tout et son contraire. Certains font des détours de plus de 2000km pour éviter le pays par peur de la guerre, d’autres disent passer sans soucis, l’ambassade dit simplement d’éviter les zones de combat d’au moins 10km (nous passerons à 400km) et de faire attention aux arnaques dans la ville de Kiev.

Quoi qu’il en soit, cela ne nous permet pas de nous faire une idée sur ce que nous allons rencontrer. Tomberons nous nez à nez avec des militiens armés jusqu’aux dents ? Traverserons nous dans un décor de guerre civile à la « New York 1997 »?

Nous préférons découvrir tout cela au matin et avoir le temps de prévoir un bivouac sécurisé.

Nous partons donc de l’hôtel vers 12h et filons vers la frontière que nous atteignons en début de soirée.

Le parking TIR que nous avons repéré se dessine au loin. Sauf qu’il est désert… Pas un camion, et le café attenant est désaffecté et passablement délabré. Il ne reste guerre qu’une petite station essence tout à côté.

Le hasard de la playlist de l’autoradio fait que nous arrivons avec « Calling you » la musique du film Bagdad café, ce qui correspond parfaitement à l’ambiance du lieu.

Nous faisons halte tout de même et un gardien venant de la station essence finit par arriver.

Le parking est toujours ouvert bien que peu utilisé.

Nous ayant vu rôder autour du café à notre arrivée, il en déduit que nous cherchons à manger et reviendra nous voir quelques minutes après pour nous apporter de délicieuses poires de son jardin et discuter un instant.

Après cet échange très sympathique, je décroche la caravane pour essayer de renforcer le support de la bouteille de gaz qui donne des signes de faiblesse, pendant que les enfants jouent sur le parking désert.

Au bout d’une vingtaine de minutes, en plein milieu de mon bricolage, alors que tous les outils sont éparpillés sur le sol, le gardien revient.

Il me dit qu’il faut que je l’amène chez lui, il semble vouloir me donner quelque chose mais le traducteur ne fonctionne pas très bien et je ne saisis pas clairement son intention. Malgré tout, les enfants et le gardien montent dans la voiture, jenna garde la caravane et nous voilà partis.

Il habite 2 ou 3 kilomètres plus loin mais nous devons emprunter des chemins de terre de plus en plus défoncés pour nous faufiler entre de vieilles maisons de bois toutes délabrées.

Sa petite maison, en bois elle-aussi, est attenante à un immense potager où sont cultivés toutes sortes de légumes et de fruits.

Aussitôt arrivés, il sort de la voiture, s’engouffre dans son potager et commence à nous sortir des cornichons, des tomates, des courgettes, des poires, des baies, et d’autres choses que nous ne connaissons même pas. Le tout s’entasse à côté de la voiture et bientôt nous nous retrouvons avec de quoi nous nourrir pendant 3 jours.

Avec peu de mots, il remonte dans la voiture et nous rentrons. Une fois de retour au parking, nous le remercierons du mieux possible, il ne demandera rien de plus et retournera vers la station essence. Nous ne le reverrons plus.

Voilà de quoi nous laisser une bien belle dernière image au moment de laisser la Russie derrière nous.

La traversée de ce pays n’a pas été pour moi le calvaire annoncé par les autres voyageurs sur les forums de discussion. Je n’ai pas trouvé ses routes monotones ni ses paysages désolés. La route que nous avons pris au retour à su nous faire découvrir des images et des personnes inattendues me laissant une véritable envie de revenir mais cette fois ci que pour la Russie.

J’ai l’impression d’avoir simplement glissé un regard rapide dans le trou de la serrure et les quelques images aperçues donnent envie de s’y intéresser davantage.

Comme pour la Mongolie, nous quittons le pays avec le plaisir d’y être allés et d’y avoir vécu quelques aventures et avec la déception de ne pas y être restés plus longtemps.

Mais voilà, nous partons.

Au matin, la frontière nous attend. Nous ne sommes qu’à quelques kilomètres et nous atteignons rapidement le bout de la file d’attente des camions. Cette file d’attente doit bien faire un kilomètre, heureusement, nous sommes dans la catégorie voitures et nous passons à côté.

Il nous faudra malgré tout 5h pour franchir la sortie de Russie et l’entrée en Ukraine. Les formalités sont simples et bien organisées et les douaniers souriants, mais il n’y a qu’un bureau d’ouvert pour toute la file de voitures. Et en 5h nous n’avons pas vu un seul camion avancer.

Nous voilà donc en Ukraine. Encore une fois, nous avons passé l’heure du repas au poste frontière à grignoter quelques chips et gâteaux et nous nous arrêtons au premier bar /restaurant /supérette d’ouvert. Les gens autour de nous s’arrêtent, viennent nous voir, font tous les efforts possibles pour communiquer. Dès qu’ils comprennent que nous sommes Français, tout le monde a le sourire et nous serre la main.

Nous mangerons un très bon plat dans une cuisine qu’ils ne réouvrent que pour nous.

Puis nous reprenons la route et dormons sur un parking TIR peu avant Kiev. Celui ci est rempli de camions, une grande palissade en toles d’acier fait tout le tour du parking et la seule entrée possède une barrière et est gardée 24h sur 24 par deux gardiens. Nous dormirons sur nos deux oreilles.

Au matin, nous traversons Kiev, non sans une certaine déception de ne pas nous arrêter. Nous voyons au loin de magnifiques bâtiments, statues, parcs… Et nous nous sentons un peu idiots d’avoir écouté toutes les mises en garde des forums et de ne pas avoir prévu d’arrêt. Mais nous sommes sur une voie périphérique et il est un peu tard pour improviser une visite.

Les routes principales sont bonnes et nous arrivons rapidement près de Odessa où nous devons piquer plein ouest vers la Moldavie. Cette route par contre est une route secondaire et vient nous rappeler la sortie de la mongolie. Je m’arrête rapidement car un nouveau bruit fait son apparition. Une sorte de couinement comme deux tôles frottant l’une sur l’autre. Le problème est rapidement isolé, une patte de la galerie à cédé, une autre se dévisse.

Restauration à la sangle… Encore et toujours… Je pense qu’une fois rentré et routes les sangles enlevées, le 4×4 et la caravane risquent de s’effondrer. Je regrette un peu plus chaque jour de ne pas avoir emmené mon poste à souder et une perceuse …

J’en profite pour vérifier la bouteille de gaz, la réparation tient le coup,elle ne bouge pas.

A peine 80km plus loin nous arrivons à la frontière de la Moldavie. Après avoir passé 9 jours en Russie, traverser l’Ukraine en une journée nous donne l’impression que nous filons à toute vitesse et que nous aurions pu nous laisser aller à flâner ici ou là mais nous avons respecté les consignes de prudence avec un peu trop de zèle… Ou pas… On ne le saura jamais…

(pas assez de réseau pour mettre de photos ce soir…)

1 commentaire sur “Ukraine

  1. Cc nous sommes arrivé en pologne bien sûr c’est bc moins loin que vous mais nous sommes les pays de l’est

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