Premiers pas en Russie

Alors voilà, nous y sommes. Le grand jour, le moment de vérité. Tant de questions s’imposent à notre esprit que nous roulons avec l’anxiété du bachelier ralliant son lieu d’examen.

Les papiers étaient ils en règle, nous en manque-t-il ?

Le temps de se poser ces questions et nous voilà arrivés. Deux files se présentent à nous. À gauche pour les ressortissants européens, à droite pour les russes.

Nous commençons par prendre la file de droite avant de nous rendre compte de notre erreur et de faire marche arrière…

Premier poste de contrôle. Tout le monde descend du véhicule et passe, passeport à la main, devant un douanier qui ferait passer les gardes de Buckingham pour de joyeux drilles.

Pas un mot, pas une question, nous remontons en voiture et passons.

Nous roulons 2 ou 3 kilomètres, passons le panneau « Russie ». Juste le temps de nous dire que ce n’était pas si terrible. Que le passage tant contrôlé dont nous avions entendu parler n’était que supercherie pour effrayer les touristes…

Puis vint le second poste frontière.

La douane.

Nouvel examens des passeports, des visas, et cette fois ci des cartes grises et assurances.

Tout est tamponné, guichet suivant.

Là, certainement apitoyés par notre air agard, d’autres touristes plus chevronnés nous expliquent que nous devons remplir des documents pour faire entrer le 4×4 et la caravane. Ils nous expliquent comment faire, nous nous exécutons en recopiant grossièrement sur leurs feuilles, les indications des documents étant écrites en russes et traduites dans un anglais très approximatif.

Munis de ces documents, nous nous présentons au dernier guichet. Visiblement agacé d’apprendre que c’était notre premier séjour en Russie, il devait créer tout un dossier. Il nous passe divers documents à remplir, plus mal traduits les uns que les autres, nous les jette presque sans nous regarder.

Tout cela prend du temps, nous en sommes déjà à 2h depuis le premier guichet.

Puis nous remplissons le document où il nous est demandé si nous venons pour le travail ou pour le voyage. Nos visas sont des visas de travail car seuls les visas de travail peuvent s’étendre à 3 mois. Les visas tourisme ont une durée maximum de 1 mois ce qui était trop court pour nous.

Lorsqu’il lit la feuille, il se lève, sort de sa guérite, vient se planter devant moi et me demande d’un air sévère de confirmer que je viens pour le travail, avec les enfants, une caravane, pas de réservation d’hôtel et un visa Mongol sur la page d’après…

Je lui dit que je vais travailler à Saint Petersbourg et que, ensuite, nous allons en Mongolie. Loin d’être dupe, il marque un temps d’arrêt puis finit par nous aider à remplir la feuille en nous indiquant une adresse d’hôtel où loger à Saint Petersbourg.

Il faut dire qu’il était déjà 12h30 et qu’il partait faire sa pause repas après notre passage.

S’en suit une fouille très rapide du véhicule et de la caravane puis nous passons. Cette fois ci pour de bon, nous sommes en Russie !

Nous découvrons enfin la Russie, ses paysages merveilleux, ses routes agréables et larges où tout le monde est courtois et se respecte…

Non, ça c’est ce que j’aurai aimé écrire.

Comment décrire le paysage de cette entrée en Russie… Imaginons une immense forêt de sapins avec une route qui la traverse. Voilà ce que nous verrons toute la journée.

Quant à la route….

Il faut commencer par se représenter une deux voies avec une petite voie d’arrêt d’urgence de chaque côté. Le revetement de la route est défoncé par le passage des camions. Crevasses, nids de poule…

Il n’y a aucun panneau de limitation de vitesse, je tente de me caler à 90 mais tout le monde nous double.

Au bout de quelques kilomètres je commence à comprendre les usages locaux. Il faut rouler à cheval sur la route et la bande d’arrêt d’urgence et se décaler franchement sur cette bande pour laisser passer celui qui nous double. Ils font évidemment pareil en face ce qui fait quatre voitures à se croiser en même temps sur une deux voies.

Maintenant que l’image se forme il faut y ajouter des camions, beaucoup de camions et une grosse pluie d’orage.

Ensuite, il ne faut pas oublier que, parfois, les bandes d’arrêt d’urgence retrouvent leur fonction d’origine en accueillant un véhicule en panne. Ainsi, le camion qui s’était déporté pour laisser passer une voiture se remet violemment sur sa file pour esquiver ce véhicule en panne.

Si la bande d’arrêt d’urgence s’élargit, on voit des voitures accélérer pour nous dépasser par la droite pendant que d’autres passent à gauche.

Au bout d’une centaine de kilomètres, nous nous arrêtons dans une petite ville dont je n’ai aucune idée du nom (tout n’est écrit qu’en Russe) pour faire une pause repas et se remettre de ces premiers kilomètres.

Reprenant la route je me dis que la seule façon de traverser la Russie en arrivant entier est de se caler derrière un camion et de suivre son allure. C’est ce que nous ferons pour la suite de la route passant d’un lièvre à l’autre et regardant les dépassements des conducteurs Russes toujours de plus en plus dangereux.

Nous passons aux abords de Saint Petersbourg mais le périphérique est une deux fois quatre voies avec les mêmes conducteurs que sur la deux voies. Je ne relèverai donc pas les yeux de la route une seconde et n’ai aucune idée de ce que l’on a pu voir de Saint Petersbourg.

Nous nous couchons le soir dans un parking pour camions. Parking payant (100 roubles) et surveillé. A côté de ce qui est certainement une ancienne chapelle dont la restauration à du s’arrêter au moment où elle a commencé.

5 commentaires sur “Premiers pas en Russie

    1. Oui, moi aussi. Ici on se sent étriqués. Étrange dans un si grand pays. Mais il n’y a pas de visibilité autour de la route, pas un paysage, rien, que des arbres depuis 2000 km et une route à deux voies défoncee… Cest long…

    1. T’inquiète pas pour la prudence, la seule chose que je double c’est mes distances de sécurité… Je me cale derrière un camion à 80 et j’en bouge plus, je laisse les fous du volant faire leur vie autour cesr bien mieux comme ça.
      J’ai pas assez de réseau encore une fois donc je ne peux pas faire d’article mais je parlerai aussi de l’état des routes qui est incroyablement dangereux… Content d’être en 4×4 et la caravane est vraiment solide vu tous les nids de poule qu’elle encaisse…
      Gros bisou à vous

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *