Moldavie

Nous nous tenons devant la frontière Moldave. Tout petit poste frontière au bout de la route défoncée, il y avait peut être un autre poste frontière plus important un peu plus loin mais nous avons suivi le GPS et nous voilà ici.

Nous commençons à prendre le rythme des contrôles. Passeports, cartes grises, fouille des véhicules…

Celui-ci ne déroge pas à la règle sauf que… Une fois le douanier en possession de nos passeports il nous dit « you do not have visas. You need visas to enter in moldavia »

Ah…

En tant que voyageurs du dimanche nous ne nous sommes même pas posé la question du visa pour la Moldavie. Pour moi c’était la porte d’entrée de l’Europe et nous pouvions passer sans problème. Je commence donc à réfléchir rapidement à quelle route emprunter pour contourner. Remonter en Ukraine, passer par le nord… Mais le douanier m’arrêtera là dans mes réflexions en me disant qu’il peut faire le visa sur place. Il est gratuit pour les enfants et 50 euros par adulte.

Nous ne cherchons pas vraiment à comprendre pourquoi il faut payer en euros mais nous cherchons partout dans le 4×4 et la caravane et réussissons tout juste à trouver la somme nécessaire.

Il met alors directement les billets dans sa poche et glisse simplement un petit bout de papier dans nos passeports. Pas de tampon, pas de signature… Étrange…

Puis contrôle du vehicule, tout se passe comme d’habitude sauf que… Un douanier est parti avec nos cartes grises dans un petit bureau. Un autre me demande de l’y rejoindre. Pour faire entrer le véhicule dans le pays, il faut une vignette qu’il faut payer 30 euros en cash. Après les visas il ne nous reste que 9 euros cela va être compliqué.

Lorsque je lui dit que je n’ai pas plus d’argent, il me demande de retourner dans la voiture et de mieux chercher.

Comme je reviens bredouille et que je lui montre mon portefeuille pour lui faire comprendre qu’il est vide, il acceptera de nous laisser passer après avoir pris mes 9 euros et m’avoir demandé le reste de l’argent Ukrainien qu’il me restait soit 3 ou 4 euros supplémentaires mais sans nous donner le moindre document ou vignette.

Nous quittons ce poste frontière avec la sensation de s’être fait dépouillés mais nous n’avions pas grand chose à y opposer… Quelques kilomètres plus loin, nouveau contrôle. Nous croisons les doigts pour qu’on ne nous demande pas plus d’argent, de toute façon nous n’avons plus rien…

Comme un autre poste frontière, nos passeports sont enregistrés, vehicules inspectés.

Quelques gardes armés le long de la route, des plots en béton, des tanks garés et cachés sous des bâches camouflage, tout ça pendant environ 5km puis nouveau poste contrôle, nouvel enregistrement des passeports…

Très étrange cette entrée dans le pays…

Cette fois ci c’était le dernier contrôle.

Le pays est tout petit, notre itinéraire pour le traverser fait moins de 200km. Nous arrivons donc rapidement à la capitale, Chisinau, qu’il nous faut traverser. Quitte à être ici et avec le temps perdu en douane nous décidons de nous y arrêter manger.

Cette ville semble très agréable et très animée. Nous nous garons sans mal à proximité d’une rue piétonne où nous trouvons un restaurant proposant pizzas et lasagnes, ce qui ravira les enfants.

Nous profitions de la douceur de la soirée pour manger en terrasse, l’ambiance est très agréable, nous avons l’impression que toute la ville est dans la rue mais pas dans une atmosphère de fête délurée, plutôt pour le plaisir de sortir se balader entre amis. Il y a des rires et des enfants qui jouent tout autour de nous.

Nous n’avons pas de réseau en Moldavie et profitons du WiFi du restaurant pour nous éclairer sur quelque chose qui nous turlupine. Je regarde sur le site de l’ambassade. Il n’y a pas besoin de visa ni de vignette pour les européens. Nous nous sommes donc bien fait dépouillés par ces douaniers…

Une fois notre repas terminé, il est un peu tard pour filer vers la frontière. Nous trouvons sur internet un parking à 2 kilomètres du centre ville.

Ce parking est situé au bord d’un lac et à notre arrivée, il était aussi animé que le centre ville. Impossible de s’y garer. La nuit aidant, j’avance vers ce qui me semble une route qui sort du parking. Route qui devient de plus en plus petite et où nous croisons de plus en plus de piétons. Nous croisons ensuite de petites attractions de fête foraine et des vendeurs de glaces et de beignets. Les gens sourient à nous voir passer. À côté de nous, le lac.

Nous roulons en fait, sur la voie piétonne qui fait le tour du lac et où viennent se balader en amoureux une bonne partie de la population de la ville. Pour en sortir nous réussissons à trouver un renfoncement pour faire demi tour et nous croisons à nouveau les mêmes personnes dans l’autre sens. Personne ne râle, les gens sont amusés de nous voir en dehors de la route et baladant notre caravane sur les bords du lac.

Nous prenons donc un autre parking à une 15aine de kilomètres. Cette fois ci nous dormons loin de la ville sur le parking d’un cimetière… Au moins c’est calme.

Entrant dans la caravane, je découvre que les vibrations ont fait une autre victime. Le chauffage d’origine s’est arraché et gît couché au milieu du sol.

Demain matin il semblerait que la caisse a outils devra être encore de sortie.

Effectivement, la nuit est calme et reposante. Bien loin du vrombissement incessant des moteurs de camions auquel nous nous étions habitués.

Au matin, je décide d’enlever totalement le chauffage. Après tout, nous ne nous en sommes jamais servi, il est lourd et la place gagnée nous offre un nouveau placard.

Après tout de même une petite heure, le temps de découper une plaque de métal dans les restes encore chauds du chauffage agonisant pour reboucher le trou laissé dans le sol, nous pouvons reprendre la route.

La sortie de la Moldavie se précise rapidement, nous n’étions plus qu’à une soixantaine de kilomètres de la frontière.

Préparation des passeports, cartes grises… L’enchaînement des frontières devient un peu machinal. Aux premiers passages nous étions anxieux, inquiets de ne pas avoir tous les bons documents, puis cela nous a plutôt amusés une fois la routine maîtrisée, maintenant cela devient un peu rébarbatif…

Mais nous passons. En quelques heures nous sortons de la Moldavie et entrons en Roumanie.

Nous voilà de nouveau de retour en Europe. Notre téléphone fonctionne à nouveau sans surtaxe, le douanier parle français… Nous sommes presque à la maison.

Un petit coup d’œil sur la carte, et nous mettons le cap sur Sighisoara qui sera notre première visite en Roumanie. Ville de naissance de Vlad l’empaleur autrement connu sous le nom du comte Dracula !

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