Un pas de plus vers l’Est

Encore un petit déjeuner copieux pris au restaurant de l’hôtel, le temps de dire au revoir à nos amis australiens avec lesquels nous avons partagé presque tous nos repas, et nous reprenons la route.

Le temps oscille entre soleil et nuages d’orages. Nous roulons sur des routes parfois trempées sans voir l’ombre d’une goutte tomber. L’atmosphère est étouffante. Le soleil tape, l’air est humide, la route est longue.

Il nous semble devoir rouler deux heures à 90km/h pour atteindre une petite centaine de kilomètres.

La route est mauvaise, je dois piler sans cesse pour éviter un nid de poule, esquiver des moutons ou des vaches, ou tenter de limiter la casse sur des ralentisseurs non signalés au milieu de longues lignes droites. Chaque évitement raté de nid de poule crée un petit moment où le véhicule vacille, la direction étant emportée par l’inégalité de la route, faisant couler quelques gouttes de sueur froide le long de mon dos.

Nous ratons une bifurquation et cela nous rallongera de plus de 100 km sur le trajet de la journée. Cent kilomètres effectués sur une route encore pire que la route principale où les nids de poule sont plus fréquents que les planes portions de goudron.

Nous arrivons à faire environ 400 km sur la journée. Le rythme de route de la Russie est parti loin et nous sommes épuisés de ce trajet. La sensation de la journée est un peu celle que doit ressentir un torchon tournant sur le mode essorage de la machine à laver.

Le bivouac ne sera pas un endroit recherché avec un magnifique point de vue. Nous sortons simplement de la route, roulons une centaine de mètres vers la montagne et nous arrêtons là, au milieu de nulle part avec la simple envie de se coucher et de dormir.

En fait, même au milieu de nulle part c’est quand même pas mal…

Une fois le moteur eteind, je descend, et vais ouvrir la porte de la caravane.

Au moment où j’actionne la poignée, la porte saute littéralement de ses gonds et se retrouve instantanément posée à les pieds.

Mon regard suivant la porte, passe devant l’ouverture et me permet de contempler l’intérieur de la caravane. Tous les placards sont ouverts, tout ce qu’elle contient est sur le sol.

Me penchant vers le seuil de la porte, je comprend rapidement pourquoi elle s’est retrouvée par terre.

Le dormant en fer de la porte, la barre soudée du châssis et montant dans le mur, celle qui fait partie de l’armature même de la caravane, s’est déssoudée. Plus précisément, le métal autour de la soudure s’est déchiré à cause des chocs.

Le soleil n’est pas loin de se coucher, je range le plus gros de ce qui est étalé sur le sol et sors directement ma caisse à outils.

Réparation difficile, sans perceuse ni poste à souder… Je trouve une petite équerre que j’arrive à percer à la bonne dimension à l’aide d’une vis à bois et d’un gros marteau et je fixe cette équerre entre le montant et le plancher bois de la caravane. Cela ne tiendra pas c’est certain, mais limitera les dégâts en attendant de trouver un soudeur.

Devant l’état de la caravane nous décidons de ne pas descendre vers le désert mais de remonter directement plein nord pour sortir de la Mongolie et préserver la caravane de l’état des routes pour la suite des vacances.

Le coucher se fait donc avec une certaine déception mêlée à une fatigue importante. Nous ne sommes qu’à une dizaine de jours de Mongolie et commençons à regretter ce soir d’avoir eu nos passeports…

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