Désert de Gobi

Encore un peu de route nous sépare de l’hôtel où nous avons prévu de séjourner dans la ville de Dalanzadgad.

Les enfants se réveillent de bonne heure et nous prenons la route dès 9h. La route est correcte, pas beaucoup de trous, de bosses ou d’animaux. Nous nous arrêtons après quelques heures pour faire une pause et acheter quelques fruits et des bouteilles d’eau. Nous rencontrons deux Allemands, un père et son fils, faisant la traversée de Moscou à Pékin par le transsibérien.

Ils sont partis trois semaines en vacances pour vivre ça tous les deux. Là, ils font une escale pour visiter les environs de Oulan Bator en compagnie d’un guide.

Leur guide nous apprendra que la route que nous empruntons vers le sud est quasiment neuve ormis un passage d’une trentaine de kilomètres encore cabossé. Voilà une nouvelle plutôt rassurante.

Une fois notre conversation terminée, nous reprenons notre chemin et arrivons, effectivement, assez facilement à Dalanzadgad. La route est toute droite et coupe à travers un paysage de plus en plus désertique.

Nous cherchons depuis plusieurs jours à faire remplir notre bouteille de gaz qui commence à s’alléger. Ici ils ne vendent pas de bouteilles dans les stations essence. Il y a des stations de remplissage de gaz. On y amène sa bouteille et ils font le plein sur place.

Nous nous sommes déjà arrêtés dans ce genre de station, malheureusement ils n’ont pas les mêmes normes que nous. Leurs bouteilles ont un pas de vis femelle, les nôtres un mâle. Leur système de remplissage ne s’adapte donc pas dessus.

Passant devant une autre station je m’arrête tout de même à tout hasard. L’employé à une idée et veut bien essayer. Il prend la bouteille, va à sa station de remplissage et tente de mettre bout à bout l’embout mâle de ma bouteille sur l’embout mâle de son système de remplissage en serrant le tout avec une sorte de grosse pince étau.

Je profite d’une pause dans notre échange pour m’éclipser un peu plus loin de son bricolage.

De loin on entend du gaz qui s’échappe, des odeurs nous parviennent… Il revient finalement après cinq minutes en disant qu’il n’a pas réussi. Dommage, l’essai était tout de même sympathique.

Un peu plus loin nous arrivons à notre hôtel. Évidemment la réceptionniste ne parle pas un mot d’anglais mais nous finissons par nous comprendre et montons prendre une douche avant de filer manger un petit quelque chose au restaurant de l’hôtel. Il est 16h et nous n’avons pas pris le temps de manger ce midi..

Au final ce petit en cas se transformera en un vrai repas nous calant jusqu’au soir.

La caravane est décrochée du 4×4, les batteries du drone et de l’appareil photo sont à charger, nous sommes prêts pour faire un saut au désert de Gobi demain.

Une petite chose nous tracasse tout de même, dans notre guide l’itinéraire se rendant au désert est à faire en 3 jours. Nous essaierons l’aller retour dans la journée. Pas certains que cela soit suffisant mais nous tenterons et verrons jusqu’où nous allons.

L’hôtel est calme et agréable, nous y dormirons très bien.

Ce matin tout le monde est prêt pour 8h. Nous filons prendre le petit déjeuner au restaurant de l’hôtel et prenons la route.

Après tant de kilomètres parcourus avec la caravane, le 4×4 semble voler sur la route et attaque la piste avec la vivacité d’un félin.

Nous roulons, mais petit à petit nous nous éloignons de la trace GPS que nous devons suivre.

Des travaux d’aménagement des routes ont fait que les engins de terrassement ont effacé le début de la piste et nous l’avons ratée.

Je m’arrête pour demander mon chemin une première fois à un conducteur d’engins. Il parle anglais et me dit que je dois viser entre les deux montagnes que nous voyons au loin. Cela me donne un cap mais pas le début de la piste.

Nous refaisons quelques kilomètres et je retente ma chance avec un autre ouvrier, sans plus de résultat.

Nous finissons donc par tenter notre chance au cap, en hors piste en visant entre les montagnes.

Nous apercevons de loin une yourte isolée je demande mon chemin une nouvelle fois. Pendant ce temps, Jenna fera des photos au Polaroïd des enfants de la famille pour leur offrir en souvenir.

Faire comprendre ce que l’on cherche n’est pas évident mais avec quelques gestes et quelques dessins dans le sable, ils semblent comprendre et m’indiquent une piste un peu avant leur yourte.

Nous trouvons la piste indiquée. Elle part dans la bonne direction et nous la suivons sur environ cinq kilomètres avant qu’elle ne se perde dans les herbes de la steppe.

Nous voilà donc arrêtés au milieu de nulle part sans piste. Avec juste l’indication d’aller entre les deux montagnes…

Au bout de quelques instant d’hésitation, nous avons l’idée de lâcher le drone pour lui faire prendre de la hauteur et voir s’il nous permet de nous orienter.

A peine a t’il décollé que nous nous apercevons que nous ne sommes qu’à une vingtaine de mètres en parallèle de la piste principale que nous ne pouvons pas voir à cause des herbes. Nous la rejoignons donc et partons, cette fois ci, assurément, vers le désert.

La piste est en tôle ondulée, ce n’est vraiment pas agréable, mais nous n’avons pas la caravane ce qui me permet de prendre de la vitesse. À partir de 80km/h les vibrations disparaissent. Certains passages de sable nous font ralentir. Nous faisons donc une pause pour dégonfler les roues et tout le monde s’affaire à régler les pressions de roue.

Au bout de quelques heures de ce traitement, nous commençons à apercevoir au loin les premières dunes de sable. Encore un peu isolées, elles ne forment pas un erg mais c’est un bon présage. Quelques chameaux sur le bord de la route nous poussent à nous arrêter pour prendre une photo. Nous coupons le moteur et descendons du vehicule.

Une fois les chameaux partis, nous remontons dans le 4×4 mais… Il ne démarre plus. Quelques bruits étranges, le compteur qui s’emballe mais rien ne bouge. Ce n’est pas un bruit de démarreur ni de batterie en fin de vie. Peut être un faux contact quelque part, une masse qui se ballade…

Nous avons à manger et de l’eau. Nous sommes sur une piste fréquentée, pas de soucis.

J’ouvre le capot et commence à vérifier les fusibles. Puis, longeant grossièrement le faisceau électrique, je m’aperçois qu’une des cosses d’une des deux batteries s’est démise à cause des vibrations. Une fois resserrée, nous redémarons.

Les paysages changent à mesure que nous avançons vers le désert.

Certains passagent nous forcent à faire un peu de franchissement et nous confortent dans notre décisions de ne pas prendre la caravane pour cette partie du voyage.

Puis, au détour d’un virage, le voilà, le désert de Gobi, nous sommes arrivés. C’était un des objectifs principaux du voyage et nous y sommes. Tout le monde court dans le sable, les enfants remplissent des bouteilles de sable qu’ils prennent soin d’aller remplir de beau sable en haut des dunes.

Il fait une trentaine de degrés et le soleil, bien que seul dans le ciel n’est pas assomant.

Nous faisons halte ici le temps de manger, de faire quelques photos et vidéos et pensons à prendre la route du retour. Nous avons mis 5h30 pour arriver ici en comptant le temps de trouver le chemin. Pour le retour, nous suivrons la piste qui passe au nord et qui est indiquée par le GPS donc sans doute un peu plus fréquentée.

Le GPS nous prévoit un trajet de 5h pour le retour il faut donc se dépêcher un peu pour ne pas avoir à finir de nuit sur la piste.

Cet itinéraire passe entre des colines qui se dessinent tel un canyon autour de nous. Nous roulons dans ce qui doit être le lit d’une rivière lors des pluies importantes d’orages.

Elle est assez roulante et nous y maintenons une bonne moyenne qui nous permet de rallier la ville en 2h30 et d’arriver avant la fermeture du restaurant de l’hôtel.

Le temps de manger puis nous passons à la douche. Émilie préfère la prendre ne dernière, elle finira pleine de savon et sans eau chaude. Le temps de faire une bouteille d’eau à la bonne température avec la bouilloire de la chambre et nous finissons les douches.

Tout le monde file se coucher, des images d’aventure plein la tête. Images qui resterons pour longtemps, je l’espère, une source d’inspiration et de rêverie.

Demain nous prenons la route vers la frontière nord que nous atteindrons dans environ deux jours.

Je prends donc un peu de temps ce soir pour rassembler nos quelques images de Mongolie et profite d’avoir encore un peu de WiFi pour les mettre en ligne.

La Mongolie aura tenu ses promesses d’immensité, et de nature préservée. En la traversant on ne peut que remarquer le choc des cultures traditionnelles et occidentales. Les plus anciens portant encore les habits traditionnels tandis que les plus jeunes portent déjà les modèles des marques américaines et jouent avec des avengers et autres produits dérivés de la société de consommation actuelle avec le portable et la perche à selfie à la main.

Le pays est en mutation rapide. La création de routes facilite les échanges et les déplacements des touristes. Nous croisons beaucoup de chinois et de Russes amenant avec eux leur culture et leur mode de vie.

Malgré cela nous avons pu admirer la force des traditions et de l’histoire d’un peuple qui a su ériger le plus grand empire du monde sous le règne de Genghis Khan. Nul doute que leur culture aura la force de résister à la normalisation de la mondialisation.

7 commentaires sur “Désert de Gobi

  1. Je vous aime mes loulous vous me manquez tellement beaucoup de très gros bisous 😍♥️😍♥️😍♥️😍♥️😍♥️😍♥️😍♥️😍♥️♥️♥️😍

  2. Superbes photos ! Que de beaux souvenirs pour vous ! Pierre et Camille regardent vos photos et vidéos, ils pensent bien à vous ! Camille est tombée au camping avec les parents de Seb elle a une petite fracture au poignet…15 jours de plâtre ! De gros bisous

  3. Bravo!!!!!!
    Vidéo et photos digne de Yan Arthus Bertrand………ou bien pub pour toyota!!!!!!!
    Pleins de gros bisous à tous et bon courage pour la suite de l ‘aventure.
    Famille Bienvenu

  4. Сайн байна уу ….maintenant vous devez tous parler le Mongole !!!
    Merci de nous faire partager toutes ces photos et vidéos , de nous offrir du rêve…
    On a le souffle coupé à chaque fois que l’on vient vous voir .
    C’est une belle expérience enrichissante ….
    Profitez et continuez de nous faire voyager…
    Том үнсэлт…….
    Véro et Noel

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